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 Présidence de l'Union Européenne

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Tim

Esunsis
Abri de l'Âtre

EsunsisAbri de l'Âtre


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MessageSujet: Présidence de l'Union Européenne   Ven 06 Nov 2009, 4:59 pm

Citation:
Le Traité de Lisbonne devrait entrer en vigueur le 1er décembre prochain. Le texte crée un nouveau poste au sommet de l'Union européenne : le Conseil aura un président. La date de son élection n'est pas encore connue, mais déjà de nombreux noms circulent. Tour d'horizon des principales personnalités en passe de briguer le mandat suprême.


Jean Peter Balkenende, le discret néerlandais. Le Premier ministre néerlandais, 53 ans, est souvent critiqué pour son manque de charisme. Le discret leader des chrétiens-démocrates, calviniste pratiquant, affiche tout de même une belle longévité puisqu'il a été nommé quatre fois chef du gouvernement depuis 2001. Celui qui est surnommé Harry Potter pour son visage poupon est un candidat de compromis par excellence. Il rassure les petits pays sans faire d'ombre aux grands et passe pour être apprécié de la chancelière allemande Angela Merkel.
Il n'apparaît cependant pas comme un Européen convaincu. Ses détracteurs le tiennent notamment pour responsable du rejet du traité constitutionnel européen par les Néerlandais lors du référendum de 2005. Et, il est aussi celui qui a obtenu le retrait de la référence aux symboles européens lors des négociations sur le traité de Lisbonne.
Il n'est pas candidat à la présidence du Conseil, mais n'exclut pas de le devenir.

Tony Blair, la star britannique. Le fondateur du New Labour et d'une "troisième voie" sociale-démocrate, spécialiste en droit du travail et industriel, a été élu pour la première fois Premier ministre en 1997. Pro-européen convaincu, il a marqué ses mandats d'un fort investissement dans le social, la santé, l'éducation et les salaires des fonctionnaires. Après avoir quitté ses fonctions au gouvernement en 2007, Tony Blair a été nommé émissaire pour le Proche-Orient du Quartet, un organisme destiné à favoriser la constitution d'un futur État palestinien qui réunit les États-Unis, la Russie, l'ONU et l'Union européenne. Véritable star internationale, il jouit d'un charisme et d'un leadership reconnu. Reste que son pays se trouve à la fois hors de la zone euro et de l'espace Schengen, ce qui réduit aux yeux d'autres dirigeants, notamment Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, sa légitimité.
Il a été le tout premier à s'être déclaré candidat et a longtemps fait figure de grand favori. Ses probabilités de succès sont désormais assez faibles.

John Bruton, l'avocat du "oui" irlandais. L'ancien Premier ministre irlandais (1994-1997) achève, à 62 ans, un mandat de 5 ans en tant qu'ambassadeur de l'Union européenne aux États-Unis. Plusieurs fois ministre avant de prendre la tête d'un gouvernement de coalition comprenant les travaillistes et la gauche démocratique, l'homme de centre droit, qui a dirigé le parti Fine Gael, a la réputation d'être sérieux et plutôt réservé. Lors des deux référendums irlandais sur le traité de Lisbonne en 2008 et 2009, celui qui s'est mis en retrait de la vie politique nationale en 2004 a fait activement campagne pour le "oui".
Il s'est ouvertement déclaré candidat à la présidence du Conseil européen et a même écrit à ses homologues européens à Washington pour qu'ils intercèdent auprès de leur gouvernement. John Bruton fait valoir son engagement dans le cadre de la Convention sur l'avenir de l'Europe à l'appui de sa candidature.

Jean-Claude Juncker, l'inoxydable Luxembourgeois. À 54 ans, le Premier ministre chrétien social du grand-duché de Luxembourg, en poste depuis 1995, est le plus ancien dirigeant à siéger au sommet européen. Juriste de formation, c'est une figure de l'UE. Il a notamment participé à la rédaction du traité de Maastricht et vécu les élargissements successifs. Flegmatique avec un sens aigu de la formule, ce fils d'ouvrier enrôlé de force dans la Wehrmacht est un grand travailleur maîtrisant parfaitement ses dossiers. Conservateur à la fibre sociale, il est aussi un grand défenseur du compromis, qui est, selon lui, la clef de voûte de l'édifice européen. Aux manettes de l'Eurogroupe depuis 2005, certains dirigeants, dont Nicolas Sarkozy, lui reprochent son manque d'initiative face à la crise et la pratique du secret bancaire du grand-duché. Les Britanniques le jugent, quant à eux, trop fédéraliste.
À l'occasion d'une tribune publiée dans Le Monde pour contrecarrer Tony Blair, il s'est positionné dans la course sans se déclarer officiellement candidat.

Paavo Tapio Lipponen, le polyvalent Finlandais. Cet ancien Premier ministre social-démocrate (1995-2003) pourrait permettre de réaliser un équilibre politique en Europe alors que deux hommes de centre droit, José Manuel Barroso et Jerzy Buzek, dirigent déjà la Commission et le Parlement. Bien qu'inconnu du grand public européen, cet ex-journaliste à l'allure de colosse a laissé de bons souvenirs suite à une présidence finlandaise de l'Union, plutôt réussie, au second semestre 1999. Il s'est également distingué l'année suivante en lançant l'idée d'une constitution européenne. Âgé de 68 ans, il est aujourd'hui conseiller au sein du consortium chargé de construire le gazoduc Nord Stream reliant la Russie à l'Allemagne par la mer Baltique. Un projet qui déplaît aux pays baltes et à la Pologne. Un élément qui pourrait lui nuire dans la course à la présidence.
Il a publié une tribune sur l'avenir institutionnel de l'UE dans le Financial Times qui ressemble fort à une déclaration de candidature.

Wolfgang Schüssel, le négociateur autrichien. Du temps où il était chancelier (2000-2007), le conservateur Wolfgang Schüssel, aujourd'hui âgé de 64 ans, est très loin d'avoir fait l'unanimité en Europe. Choisissant de gouverner avec l'extrême droite de Jörg Haider, le démocrate-chrétien s'était attiré les foudres du ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, qui avait qualifié cette alliance d'"erreur historique". Mais, au final, la main tendue au FPÖ de Haider a précipité la chute de la formation d'extrême droite. Et Berlin est aujourd'hui son principal soutien dans la course à la présidence de l'UE. La carrière politique de ce catholique pratiquant n'est en rien fulgurante. Député, ministre de l'Économie, des Affaires étrangères, puis vice-chancelier : le docteur en droit a gravi patiemment les échelons avant d'accéder au pouvoir à 55 ans. Aujourd'hui chef du groupe parlementaire du parti conservateur à la chambre basse du Parlement, Wolfgang Schüssel est réputé pour être un fin négociateur.

Herman Van Rompuy, le favori belge. Âgé de 62 ans, le premier ministre démocrate-chrétien du plat pays est un intellectuel austère, au sens de l'humour reconnu. Diplômé de sciences économiques et de théologie, celui qui est membre du bureau national du CDV depuis 1978 maîtrise les rouages du pouvoir. Il a été successivement ministre du Budget, vice-premier ministre à deux reprises, puis président de la Chambre des députés avant d'être nommé Premier ministre en 2008. Homme de compromis, flamand, mais francophile, il est considéré comme celui qui a su apaiser le pays face à la crise politique engendrée par les tensions entre communautés. Mais ce qui fait sa force fait aussi sa faiblesse. S'il est dernièrement apparu comme la personnalité la plus susceptible de faire consensus pour la présidence de l'UE, il n'a pas achevé sa mission au plan national et la classe politique belge ne voit pour l'instant pas qui pourrait lui succéder. Lui ne s'est pas encore positionné.



Vaira Vike-Freiberga, la dame de fer lettone. Si l'ancienne présidente de la République balte (1999-2007) n'est plus chef de l'État, c'est seulement parce qu'elle n'a pas pu concourir pour un troisième mandat. À 71 ans, sa popularité reste intacte. Ancienne professeur de psychologie de l'Université de Montréal, elle fait figure d'autorité morale pour sa vigilance face à la corruption et pour avoir, dès son élection, réclamé que les Lettons impliqués, avec les nazis, dans l'extermination des juifs soient traduits en justice. Sans étiquette politique, elle est considérée comme centriste et a largement contribué à ancrer, à l'Ouest, l'ancienne république soviétique. La Lettonie lui doit notamment son adhésion à l'Otan et son entrée dans l'UE. Née à Riga, elle a passé le plus clair de sa vie en exil après que sa famille a fui l'occupation soviétique à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Un parcours qui a fait d'elle une polyglotte parlant l'anglais, le français, l'allemand et l'espagnol. Sa candidature est officiellement portée par la Lettonie et dispose du soutien de la Lituanie voisine.


http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2009-11-06/traite-de-lisbonne-qui-presidera-l-union-europeenne/924/0/392840 (pour les photos)
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Otton
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MessageSujet: Re: Présidence de l'Union Européenne   Ven 06 Nov 2009, 5:21 pm

Citation:
Jean-Claude Juncker, l'inoxydable Luxembourgeois. À 54 ans, le Premier ministre chrétien social du grand-duché de Luxembourg, en poste depuis 1995, est le plus ancien dirigeant à siéger au sommet européen. Juriste de formation, c'est une figure de l'UE. Il a notamment participé à la rédaction du traité de Maastricht et vécu les élargissements successifs. Flegmatique avec un sens aigu de la formule, ce fils d'ouvrier enrôlé de force dans la Wehrmacht est un grand travailleur maîtrisant parfaitement ses dossiers. Conservateur à la fibre sociale, il est aussi un grand défenseur du compromis, qui est, selon lui, la clef de voûte de l'édifice européen. Aux manettes de l'Eurogroupe depuis 2005, certains dirigeants, dont Nicolas Sarkozy, lui reprochent son manque d'initiative face à la crise et la pratique du secret bancaire du grand-duché. Les Britanniques le jugent, quant à eux, trop fédéraliste.
À l'occasion d'une tribune publiée dans Le Monde pour contrecarrer Tony Blair, il s'est positionné dans la course sans se déclarer officiellement candidat.


Luxembourgeois.... Hmm... on sent l'aritocrate Surprised non sérieux j'ai entendu du bien de lui plusieurs fois dans Le Figaro, il a l'expérience en plus. Et puis lire ce que j'ai souligné (Edit : Tim l'a déjà fait).
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Otton
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MessageSujet: Re: Présidence de l'Union Européenne   Ven 20 Nov 2009, 2:30 pm

Citation:
Herman Van Rompuy, le nouveau visage de l'Europe

De notre correspondant à Bruxelles, Jean-Jacques Mevel | Le Figaro



PORTRAIT - Les initiés décrivent le nouveau président européen comme un cynique lancé à l'assaut du pouvoir et «sans pitié pour l'adversaire».

«Tout être humain doit choisir entre l'absurde et le mystère. Moi, j'ai choisi le mystère…» Au bal des pressentis, Herman Van Rompuy s'était fait une religion de fuir les projecteurs. En 2008, juste après Noël, il a fallu que son parti et le Palais se mettent en quatre pour le convaincre de prendre en main le gouvernement belge. Jusqu'à ces derniers jours, il a voulu faire avaler à l'Europe qu'il n'est pas candidat au fauteuil tout neuf de président du Conseil. Du moins fallait-il le croire…

À l'heure des people et de la confusion des genres, M. Van Rompuy (prononcer «rommpeuil») offre un charme plutôt suranné. Catholique, intellectuel, modéré, atlantiste, il renvoie le souvenir perdu d'une coexistence paisible à une Belgique en plein déchirement. Discret à en rougir, horloger de compromis impossibles, il dispose aussi de qualités appréciées dans une Europe qui rêve de puissance, mais n'agit que par consensus et dans la demi-mesure. Involontairement, c'est Tony Blair qui a fourbi le meilleur argument de sa campagne : trop flamboyant, le Britannique a dissuadé les capitales qui frémissent à l'idée d'un président incontrôlable.

«Sa foi le classait à part»

Voilà pour la légende, à la fois polie et un peu grise. Reste le fameux mystère, affiché à la première personne dans l'un des six ouvrages que l'intéressé a consacrés depuis trente ans à l'économie, à la politique et à la religion. Derrière de fines lunettes, un regard pétillant réveille la curiosité. Sourire en coin, un art cultivé de l'autodérision confirme le soupçon. Quel autre politicien serait assez poète pour évoquer sa calvitie dans les trois lignes d'un haïku japonais ? «Cheveux dans le vent, le vent rattrape les années, partis les cheveux…» (en flamand dans le texte).

Tout commence à Louvain et dans sa fameuse université catholique. Son père y enseignait, déjà, l'économie. Le parcours du jeune homme, né en 1947, est classique : humanités gréco-latines, bac de philosophie, puis licence d'économie. Mais à l'heure où les étudiants flamands s'enflamment pour la division linguistique de l'UCL - les Wallons dehors ! - le jeune Herman Van Rompuy choisit d'en découdre sur l'autre front de l'année 1968 : «Son combat, c'était celui d'un catholique pratiquant face à une extrême gauche qu'il exècre, se souvient l'un de ses condisciples. Sa foi le classait à part.»

Plus de quarante après, l'ancrage demeure. Bruxelles murmure que son austère premier ministre fréquente un discret monastère, au moins un jour par mois. Dans la presse belge, ce besoin d'isolement et de recueillement noircit beaucoup moins de papier que ses dernières vacances en Australie. Le modeste père de quatre enfants les a passées en famille, en camping-car «et, comme tout le monde, sans garde du corps».

Naturellement, le jeune diplômé entrera dans la banque et dans les rangs d'un parti social-chrétien dont l'unité ne survivra ni à l'épisode de Louvain ni à la querelle linguistique. À 27 ans, Herman Van Rompuy est conseiller au cabinet de Leo Tindemans. À 30 ans, il s'impose dans l'état-major des chrétiens-démocrates flamands - l'incontournable parti des premiers ministres fédéraux. À 40 ans, il en prend les commandes. Rigide au départ, il fait son apprentissage de la realpolitik, celle des intrigues en coulisses et des complots feutrés. Les apparences le montrent comme un sage, au-dessus de la mêlée politicienne. Les initiés le décrivent comme un cynique lancé à l'assaut du pouvoir et «sans pitié pour l'adversaire» . S'il ne se déclare jamais, c'est moins par modestie que par fierté.

Le microcosme bruxellois voit sa main dans deux exécutions retentissantes dans le camp chrétien-démocrate flamand. La première en 1996, celle de Johan Van Hecke, chef de file jugé trop progressiste. La seconde douze ans plus tard : cette fois, c'est le premier ministre Yves Leterme, son prédécesseur immédiat, qui passe à la trappe en plein scandale du Fortisgate.

Face à ses mentors successifs, Wilfried Martens et Jean-Luc Dehaene, Herman Van Rompuy campe à droite. Le monde agricole et celui des PME sont le cœur d'audience. Il a de bons rapports avec les milieux d'affaires. Ses liens avec l'univers syndical, point de passage obligé du consensus belge, sont plus distants. Vice-premier ministre en charge du Budget de 1993 à 1999, il laisse dans le royaume le souvenir d'un impitoyable père la rigueur. La purge aura permis à son pays d'entrer de plain-pied dans l'euro.

En Belgique, un portrait n'est pas complet sans aborder la question linguistique. Propulsé très tôt à l'étage fédéral, Herman Van Rompuy se nourrit là aussi de compromis, ou d'ambiguïtés. Il a sa résidence sur les terres contestées de la banlieue sud de Bruxelles. Bien que flamand jusqu'au bout des ongles, il n'a jamais pardonné à Yves Leterme de s'être allié avec les nationalistes de la NVA (Nieuw-Vlaamse Alliantie), dynamiteurs du fédéralisme.

De l'autre côté de la frontière linguistique, il jouit d'une popularité inhabituelle. Les Wallons francophones lui savent gré d'avoir calmé le jeu depuis un an. Mais il n'a rien fait non plus pour régler le dossier le plus explosif : celui du district bilingue de Bruxelles-Halle-Vilvorde. Son parti et lui-même en réclament ouvertement la scission, au risque d'isoler des dizaines de milliers de francophones. Si l'Europe l'enrôle, c'est à un autre qu'il reviendra de trancher le dilemme.
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Tim

Esunsis
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MessageSujet: Re: Présidence de l'Union Européenne   Ven 20 Nov 2009, 3:35 pm

Pour être clair voici ce que ce gars déclare :

Citation:
Dans un entretien exclusif à « La Croix », en juillet 2009, Herman Van Rompuy, alors premier ministre belge, s’inquiètait des postures populistes gagnant les partis politiques traditionnels en Europe, favorisées par la crise économique


La Croix : Pourquoi le populisme représente-t-il, selon vous, un danger pour l’Europe aujourd’hui ?

[justify]Herman Van Rompuy : Le populisme n’est pas un monopole flamand ou belge. Il se retrouve dans la plupart des pays d’Europe occidentale, en particulier aux Pays-Bas, en Autriche ou en France avec le Front national. Mais même les partis traditionnels prennent des accents populistes. Le populisme, c’est jouer sur les sentiments et les solutions faciles : on veut plaire aux gens, on ne demande pas d’efforts, on brosse dans le sens du poil, on renforce une tendance individualiste et égoïste latente. C’est faire appel à l’intérêt particulier, sans demander à aucun moment un dépassement de soi-même, sans essayer d’aller à contre-courant pour défendre l’intérêt général.

Le populisme devient un handicap pour tous ceux qui, [b]dans des temps difficiles de globalisation, de crise économique et financière, de déclin démographique et de changement climatique, de menaces qui pèsent sur nos sociétés, cherchent malgré tout des accords et des solutions qui demandent de l’effort.[/b] [Que pensez-vous de cette phrase ?]

Comment expliquez-vous le renforcement de cette tendance ?

Une des raisons vient du manque, de plus en plus visible, d’attaches religieuses mais aussi philosophiques (NDLR : la libre-pensée est l’un des piliers fondateurs de la société belge). Une étude universitaire flamande montre que ceux qui ont ces racines ont aussi une vision de la vie beaucoup plus positive, et sont moins enclins à écouter un discours populiste. Ils vivent dans l’espoir. Ceux qui sont inquiets, vivant dans une situation psychologiquement et matériellement précaire, développent des idées négatives sur l’autre.

Par ailleurs, les médias ont un discours très schématisant, qui n’est pas lié à ceux qui y travaillent, mais qui vient de l’instrument même, de l’audiovisuel et d’Internet. Ils veulent le raccourci, imposent leur propre rythme. Puisqu’ils caricaturent tout message, le populiste passe plus facilement. Le populisme est donc bien ancré dans notre civilisation. Et avec la crise financière, il a un champ ouvert. Un des éléments considérés comme les plus stables dans nos sociétés était les banques. Elles inspiraient confiance – apparemment trop de confiance. Or, pour les sauver, on a fait appel au politique, qui était pourtant considéré comme le moins fiable.

Comment appréciez-vous l’évolution du populisme en Flandre ?

Les élections régionales du 7 juin ont révélé quelque chose de positif : devant la crise économique, les électeurs ont cherché la stabilité dans les partis classiques, comme les sociaux-chrétiens. Ils ont voté aussi pour le parti nationaliste démocrate, N-VA, dont le président n’est pas tombé dans le piège du populisme mais a pris des voix au Vlaams Belang (NDLR : parti d’extrême-droite). Mais le Vlaams Belang représente encore 15 % de électorat.

Dans ce contexte, estimez-vous que l’accord de régularisation des sans-papiers que vous venez de conclure passe bien dans l’opinion ?

J’estime qu’un équilibre a été trouvé entre l’aspect humanitaire, ceux qui ont fait l’effort de faire partie à part entière de notre société, et la nécessité d’éviter de créer un appel d’air. Notre régularisation est une opération unique. Ceux qui viennent après n’ont pas d’avenir légal dans notre pays, sauf les demandeurs d’asile politique réellement en danger.

Je suis lucide pour autant : on n’arrêtera pas par nos mesures les flux migratoires vers l’Europe, un mouvement très profond qui découle de la disparité des niveaux de vie Nord-Sud. Mais nos mesures ne doivent pas encourager ce mouvement. Malte, Chypre, l’Italie, la Grèce ont déjà beaucoup à faire. Il s’agit de milliers de personnes.

Le geste de la France d’accueillir 92 réfugiés de Malte l’an prochain est à cet égard plus symbolique qu’autre chose. De son côté, la Belgique enregistre déjà un solde positif de migration légale, qui devrait augmenter notre population de 1,5 million d’ici 2040 ; trois quarts de ces immigrés sont d’origine européenne.

La montée du chômage offre aussi un nouveau terrain au populisme. Redoutez-vous que la crise sociale dégénère en crise politique ?

Les réactions sont plus modérées que dans les années 1970 et 1980. Les gens comprennent très bien que la crise est internationale. La Belgique, à la différence de la France, est un petit pays ouvert, très dépendant des exportations et des investissements étrangers. Je ne dis pas aux gens que, par nos mesures, on va renverser la vapeur. On tâche d’accrocher le petit wagon de notre économie à la locomotive internationale et à ne pas faire de la relance à outrance par du déficit budgétaire. Notre priorité à la rentrée est de prendre la direction du retour à l’équilibre budgétaire pour 2015. Cela sera très dur politiquement, mais nous devons mener pas à pas cet assainissement. Les Belges, sinon, épargneront préventivement, sans du coup contribuer à l’activité économique.

Êtes-vous satisfait que votre pays soit retiré de la liste grise des paradis fiscaux ?

Quand je vois qu’il suffit de signer douze conventions pour redevenir un pays respectable, je ne comprends pas bien la démarche. L’exercice me paraît plus bureaucratique que politique. On n’est pas plus éthique maintenant qu’avant la crise. Les vrais paradis fiscaux ne sont pas belges.
Les dysfonctionnements de l’Europe alimentent aussi le discours populiste.

Estimez-vous que le Parlement européen y participe en retardant l’élection de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne ?

Il y a là des aspects purement partisans, et il y a aussi des opposants fermes à la Commission sortante, qui lui reprochent son manque d’initiative, selon eux, dans la crise financière. Mais les 27 chefs d’État et de gouvernement, dont j’étais, ont soutenu José Manuel Barroso. Nous avons aussi notre légitimité dans la population. J’espère que sa candidature trouvera une majorité au sein du Parlement en septembre.

Considérez-vous que le traité de Lisbonne améliorera le fonctionnement de l’Union ?

Décider à 27, c’est dur. Le traité n’empêchera pas la nécessité, pour certains pays, de s’entendre pour faciliter la décision. Le couple franco-allemand y aide mieux maintenant. Mais d’autres regroupements ont aussi un plus grand rôle à jouer, comme le Benelux (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg), qui représente 26 millions d’habitants, soit la moitié de la France. Nous prendrons une initiative en septembre-octobre. Quant à la Commission européenne, elle reste garante de la défense de l’intérêt européen. Et la crise laitière vient de montrer qu’elle est loin d’être populiste.
[/justify]

Qu'en pensez-vous ?
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MessageSujet: Re: Présidence de l'Union Européenne   Sam 21 Nov 2009, 2:43 pm

Il a l'air d'emmerder les verts "écolos" et les turcs, c'est toujours ça de prit :

Citation:
Les élus écologistes au Parlement européen ont sommé le nouveau président du Conseil Européen, le Belge Herman Van Rompuy, de clarifier sa position à l’égard de l’adhésion de la Turquie dans l’UE, qu’il avait rejetée en 2004 dans un discours.

L’élue Verte Hélène Flautre, co-présidente de la commission parlementaire mixte UE-Turquie au Parlement européen s’est dite "inquiète de la nomination à la tête du Conseil européen d’un homme politique qui a argumenté avec conviction que l’adhésion de la Turquie serait une menace pour les valeurs fondamentales de l’Europe ". M. Van Rompuy " doit s’expliquer sur la Turquie ".
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MessageSujet: Re: Présidence de l'Union Européenne   Sam 21 Nov 2009, 10:35 pm

Franchement, j'ai l'impression que ça aurait pu être bien pire.

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MessageSujet: Re: Présidence de l'Union Européenne   Sam 21 Nov 2009, 11:39 pm

J'ai une question qui me trotte. Maintenant que l'Europe parle d'une seule voix. Devra t'on renoncer à notre siège à l'ONU ?
Ca m'effraie de ne plus pouvoir parler librement face au monde.
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